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Diabétologie

Publié le 14 juin 2022Lecture 3 min

Effets cardiovasculaires des AR GLP-1 chez les patients en surpoids ou obèses non diabétiques : une métaanalyse des études de phase III

Patrice DARMON, CHU Conception, Marseille

Leite AR et al. Effect of GLP-1 receptor agonists on cardiovascular events in overweight or obese adults without diabetes: a meta-analysis of placebo-controlled randomized trial. Diab Obes Metab 2022 Apr 4.

Les essais visant à démontrer la sécurité cardiovasculaire des agonistes des récepteurs du GLP-1 (AR GLP-1) chez les patients diabétiques de type 2 à haut ou très haut risque cardiovasculaire ont tous rempli leur mission initiale, et certains d’entre eux sont même allés plus loin, avec la mise en évidence d’un bénéfice de plusieurs molécules de la classe sur le risque d’événement cardiovasculaire. Certains AR GLP-1 sont aujourd’hui utilisés à fortes doses dans l’optique d’une perte pondérale chez les patients non diabétiques en surpoids ou obèses (liraglutide 3 mg/jour, sémaglutide 2,4 mg/semaine). Si les études de phase III menées dans cette indication ont montré une amélioration des facteurs de risque cardiovasculaire sous AR GLP-1, il faudra attendre les résultats des essais randomisés dédiés (comme par exemple l’étude SELECT avec le sémaglutide) pour évaluer avec précision l’impact cardiovasculaire de ces molécules chez les patients non diabétiques présentant un excès pondéral. Dans l’attente de ces données, il était cependant intéressant de compiler tous les événements cardiovasculaires survenus lors de ces études de phase III (et recensés alors comme événement indésirable) et de comparer l’incidence de ces événements sous AR GLP-1 et sous placebo. C’est tout l’objet de la métaanalyse de Leite et al. publiée dans Diabetes Obesity and Metabolism. La métaanalyse regroupe 9 essais randomisés contrôlés versus placebo, principalement issus des programme STEP (avec le sémaglutide 2,4 mg) et SCALE (avec le liraglutide 3 mg). Au final, elle porte sur 11 430 patients non diabétiques présentant un IMC ≥ 27 kg/m² avec au moins une comorbidité liée au surpoids ou un IMC ≥ 30 kg/m² (âge moyen 46 ans, femmes 75 %, IMC 38,1 kg/m²) dont les deux-tiers étaient traités par un AR GLP-1. La durée du suivi variait de 32 à 160 semaines. Au total, 673 événements cardiovasculaires ont été recensés sous AR GLP-1 (8,7 %) et 416 sous placebo (11,2 %) soit un risque relatif de 0,81 (IC95% 0,70-0,92 ; p = 0,001). Ce bénéfice semblait être retrouvé à l’identique sous sémaglutide 2,4 mg/semaine (RR 0,73 ; IC95% 0,51-1,04) et sous liraglutide 3 mg/jour (RR = 0,87 ; IC95% 0,76-1,00). Concernant le MACE (IDM non fatal, AVC non fatal, décès cardiovasculaire), la réduction du risque observée sous AR GLP-1 n’est pas significative (RR 0,58 ; IC95% 0,23-1,45). Il s’agit de la première métaanalyse réalisée sur le sujet et ses résultats suggèrent un bénéfice cardiovasculaire des AR GLP-1 à fortes doses chez les patients non diabétiques en surpoids ou obèses. On soulignera malgré tout qu’elle regroupe des études de petite taille et de courte durée, en aucun cas dessinées pour mettre en évidence un éventuel bénéfice cardiovasculaire des AR GLP-1 dans cette population. Ce manque de puissance explique sans doute l’absence de résultat significatif sur le MACE. Cependant, les données présentées sont prometteuses et les essais randomisés contrôlés dédiés sont attendus avec d’autant plus d’impatience.

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